Vent et habitat

22 Oct 2018

Florence, Michaël, Kirk… Si ces prénoms peuvent nous évoquer une star de cinéma ou de la chanson, désormais, ils sont aussi à associer à un autre domaine : la météo. Car ces trois prénoms ont été ceux de tempêtes qui ont parcouru le globe terrestre en 2018. Des phénomènes venteux qui produisent plus ou moins de dégâts mais qui nous rappellent toujours notre vulnérabilité face aux éléments. Et si ces tempêtes n’augmentent pas forcément en nombre, leur intensité, elle, s’accroit, et les territoires sont de plus en plus vulnérables. Alors comment mieux vivre avec ces phénomènes climatiques inévitables ? Comment améliorer notre résilience face aux tempêtes ?

Début octobre 2018, la Floride a été frappé par l’ouragan Michael, avec des vents soufflant jusqu’à 250 km par heure

Début octobre 2018, la Floride a été frappé par l’ouragan Michael, avec des vents soufflant jusqu’à 250 km par heure © Jonathan Bachman / Reuters

Des phénomènes dangereux et difficilement prévisibles

Les dégâts matériels ou écologiques liés aux tempêtes ne sont plus à prouver. Inondations, érosion, submersion marine, chutes d’objets ou éboulements, autant de problèmes causés par ces vents violents. Et même si ces phénomènes sont naturels, on cherche des coupables. Les organismes de prévention météorologique sont souvent pointés du doigt pour leur manque de fiabilité ou leur trop faible estimation. Pourtant, les tempêtes sont difficilement prévisibles car elles dépendent de facteurs multiples. En revanche, la lecture et la compréhension des informations permettant d’évaluer l’intensité des coups de vent demeure difficilement lisible et la prévention doit évoluer. D’autant plus que nous avons notre part de responsabilité. En effet, nos comportements face aux tempêtes sont souvent inadaptés et chaque année on déplore des pertes humaines liées à l’inconscience et à la fascination que peuvent exercer ces phénomènes. Si bien qu’aujourd’hui, la tempête est même devenue un argument touristique et certaines agences n’hésitent pas à proposer des expériences  pour se mesurer face à ces vents violents.

Bretagne propose aux internautes un concours permettant d’expérimenter la tempête de plein fouet.

Sur Instagram, l’office de tourisme de Bretagne propose aux internautes un concours permettant d’expérimenter la tempête de plein fouet. © Bretagne Tourisme

Vivre avec le vent

Alors si ces phénomènes sont inévitables et naturels, vouloir lutter face aux tempêtes est-ce contre-nature ? Pouvons-nous vivre avec le vent et cesser de s’y opposer ? C’est, entre autres, le principe de l’habitat résilient et l’architecture, par ses formes ou ses matériaux, peut permettre de mieux appréhender le vent, voire de l’utiliser comme force. A Penscola Beach, en Floride, un couple d’Américains a par exemple, imaginé une maison toute en rondeur dont les ouvertures latérales permettent au vent de s’échapper sans rencontrer d’obstacles. Et le concept a fait ses preuves puisque jusqu’à aujourd’hui la maison a résisté aux nombreuses tempêtes qui parcourent cette région du globe. La résilience peut également s’effectuer en tirant parti des phénomènes climatiques, comme nous le prouve le projet prospectif de réaménagement des berges de Manhattan intitulé « Big U ». Cette promenade composée d’une végétation brise-vent qui la protège de la forte montée des eaux propose d’adapter ses activités en fonction des phénomènes climatiques. De quoi montrer que l’on peut chercher à vivre avec ces éléments météorologiques et non plus contre eux.

La maison globe de Penscola Beach résiste aux ouragans grâce à sa forme et à ses ouvertures multiples.

La maison globe de Penscola Beach résiste aux ouragans grâce à sa forme et à ses ouvertures multiples. © Abritel

 Le design pour favoriser la résilience des populations du littoral

En France, il est une partie de la population particulièrement vulnérable face aux phénomènes venteux : les habitants du littoral. Aujourd’hui, ils représentent 12% de la population française, un chiffre qui augmente constamment étant donné l’attractivité exercée par ces territoires et la forte concentration touristique. C’est donc à ces usagers que Lauriane Betin, étudiante en deuxième année de cycle Master Ville Durable à L’École de design Nantes Atlantique, s’est intéressée dans le cadre de son Projet de Fin d’Études. Elle a d’abord cherché à évaluer la connaissance des risques que peuvent avoir les habitants par le biais d’ateliers ludiques : « j’ai créé un jeu de cartes qui m’a permis d’observer que les termes généralement employés pour parler des phénomènes venteux sont difficilement compréhensible pour le grand public. D’autre part, les dégâts sont souvent minimisés et la vitesse des vents est peu visualisable ». Pour Lauriane, le designer a donc un rôle à jouer pour mieux ancrer la culture du risque et préparer les populations du littoral face aux tempêtes : « on peut agir à différents niveau, que ce soit la sensibilisation, la communication ou la protection des habitations ». il s’agira alors de faire en sorte de contribuer à l’amélioration de la résilience des populations du littoral face aux tempêtes.

Grâce à ses ateliers ludiques avec les usagers, Lauriane Betin, étudiante en deuxième année de cycle Master Ville Durable à L’École de design Nantes Atlantique, a pu déterminer les axes d’intervention du designer.

Grâce à ses ateliers ludiques avec les usagers, Lauriane Betin, étudiante en deuxième année de cycle Master Ville Durable à L’École de design Nantes Atlantique, a pu déterminer les axes d’intervention du designer. © Lauriane Betin

Par Zélia Darnault, enseignante à L’École de design Nantes Atlantique

L'École de design Nantes Atlantique

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