Staycations : quelles vacances après la crise ?

6 Sep 2018

Depuis une dizaine d’années, les “staycations” ont gagné en popularité. Les quoi ? Les staycations ! A savoir : passer ses vacances chez soi. On estime ainsi qu’entre 40 et 50% des Français en sont adeptes, souvent par contrainte financière. La période estivale à présent terminée, il est temps de se remémorer les bons moments de farniente des mois passés en se penchant sur ce mouvement, et sur la façon dont il nous fait appréhender la ville différemment.

Arpenter les rues de son quartier au lieu de voyager ?

Arpenter les rues de son quartier au lieu de voyager ? – Crédits byronv2 sur Flickr

Des petits moyens…

Si cette “tendance” a davantage gagné en visibilité il y a une dizaine d’années, c’est d’abord à cause des crises financières et économiques qui ont frappé le monde en 2007. Celles et ceux qui n’avaient pas beaucoup – et ne pouvaient déjà pas vraiment partir en vacances – ont été rejoint par celles et ceux qui possédaient un peu et se sont retrouvés avec moins. Car partir en vacances, c’est un budget : avec le trajet, les réservations de camping ou d’hôtel, les différentes dépenses somptuaires (visites, activités nautiques ou culturelles, restaurants…), l’addition des vacances monte vite et peut rapidement devenir salée[1].

Donc loin d’être une “tendance” comme on a pu le lire dans certains médias, c’est surtout la nécessité qui pousse une partie des Français à passer leurs vacances à la maison. Mais, même chez soi, les congés ne restent-ils pas des vacances ?

…À la redécouverte du quotidien

Dans ce contexte, certain·e·s en profitent pour faire des travaux, ou même jouir pleinement de leur logement et de leur éventuel jardin. Car “Prendre le temps” est une denrée rare en période de labeur. Les vacances permettent ainsi de se retrouver en famille, entre amis, voire seul, pour redécouvrir un lieu quotidien dont on ne se soucie guère habituellement.

Rien de tel qu’un bon barbeuk’ dans le jardin quand les voisins sont aux Maldives

Rien de tel qu’un bon barbeuk’ dans le jardin quand les voisins sont aux Maldives – Crédits Nostepinne sur Flickr

Nombreux·ses sont celles et ceux qui tirent profit de leurs staycations en visitant leur quartier ou leur ville : elles sont l’occasion rêvée pour explorer et découvrir des lieux dont on a jusqu’ici entendu parler sans avoir eu la curiosité ou le temps d’y entrer. Les professionnels du tourisme le constatent : dans les grandes villes (notamment Paris), les visites guidées attirent de plus en plus de locaux.

Cela se ressent même dans l’hôtellerie où, en réaction à AirBnB, des services comme Dayuse ou Mob Hotel permettent d’occuper des chambres d’hôtel dans des établissements de luxe à la journée. Dans les établissements parisiens, ils enregistrent ainsi entre 10 et 15% de réservations venant de francilien·ne·s !

Dans un autre registre, le développement de “villages vacances” toujours plus près des grandes métropoles vise à satisfaire le besoin de nature des citadins, et ce à la porte de chez eux. On pense par exemple à Village Nature Paris, créé en 2017 par Pierre & Vacances – Center Parcs et Euro Disney. Ce “village de vacances d’écotourisme centré sur les loisirs aquatiques dans un cadre champêtre” se situe à Val d’Europe, quatrième secteur de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée en Seine-et-Marne.

Le home sitting : se sentir chez soi mais ailleurs

De fait, ce n’est pas parce que l’on est en vacances “chez soi” que l’on ne veut pas un peu d’évasion ! En fait, les adeptes des staycations recherchent le meilleur de deux mondes : le confort de son domicile propre – où l’on a ses repères -, et une volonté de sortir du quotidien. Mais attention : sans les contraintes ni le stress induits par la préparation de “vraies” vacances ! Pour ces raisons, les dix dernières années ont également vu un développement considérable du home sitting.

Pratique vieille de plus de trente ans, elle permet aux propriétaires qui partent en vacances de laisser leur domicile à la disposition de tiers. Charge à ces tiers de garder la maison, de l’entretenir, de prendre soin des éventuels animaux… Si le home sitting se développe particulièrement maintenant, c’est parce que de nouveaux services en ligne ont vu le jour, facilitant la mise en contact des propriétaires avec les éventuels home sitters. Les frais d’inscription sont minimes pour les propriétaires ; les home sitters n’ont pas un sou à débourser (en dehors du voyage vers la maison à garder et leurs dépenses sur place).

Qu’est-ce qu’on se repose dans la maison des autres !

Qu’est-ce qu’on se repose dans la maison des autres ! – Crédits H is for Home sur Flickr

Pour les propriétaires, c’est l’assurance d’avoir une maison occupée et entretenue, même quand ils n’y sont pas (problématiques particulièrement préoccupantes pour les propriétaires de maisons en campagne). Et pour les home sitters, c’est la possibilité de découvrir une nouvelle ville ou une région, de la même manière que les personnes en staycations – puisque le home sitting implique une présence a minima du soir au matin au domicile gardé.

AirBnB avait fait évoluer notre pratique de l’hôtellerie et de la planification de déplacement. Avec les staycations et le home sitting, c’est même notre pratique des vacances et du tourisme en général qui change. Ce qui était autrefois une industrie de masse assez uniformisée évolue peu à peu vers des services plus personnalisés, avec moins d’intermédiaires.

[1] Si le montant varie suivant les différentes études récentes sur la question, le budget vacances moyen des Français est de l’ordre de 420€ par semaine et par personne. Un budget à faire passer en même temps que les dépenses incompressibles.

[pop-up] urbain

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