Montpellier : la gratuité pour réconcilier les classes populaires avec l'écologie

Montpellier : la gratuité pour réconcilier les classes populaires avec l’écologie

Montpellier gratuité des transports
11 Sep 2020 | Lecture 2 minutes

Michaël Delafosse, maire et président de Montpellier Méditerranée Métropole, a annoncé devant la presse sa stratégie de gratuité des transports. Avec une conviction impressionnante, le nouvel élu a confié à Urbis le Mag sa vision des choses et son plan d’action.

– « Lors des dernières élections, 18 maires favorables à la gratuité ont été élus. Vous en faites partie. Pensez-vous que la gratuité soit une mesure d’avenir ? Qu’elle corresponde à une certaine modernité ? Et si oui, à quelles caractéristiques de notre époque s’adapte-t-elle ?

La gratuité est résolument une mesure d’avenir ! C’est d’ailleurs la toute première mesure que j’ai décidée de mettre dans mon programme électoral, il y a un an presque jour pour jour. Et depuis, je n’ai cessé de la défendre, seul face aux autres candidats en lice. J’étais donné à 8 % d’intentions de vote au départ et j’ai terminé élu, avec 48 % des voix. Il était écrit « Pour la gratuité des transports » sur mes bulletins de vote.

Et pourtant, je suis socialiste : ma culture, mon ADN politique a longtemps été celui de la tarification sociale (NDLR : qui consiste à faire payer moins cher un service, par exemple les transports en commun, aux moins aisés). Mais plusieurs chocs m’ont fait changer d’avis. D’abord, voir mes élèves – je suis professeur d’Histoire-géo – partir en nombre marcher pour le climat. Ces milliers de jeunes nous ont adressé un message : il faut agir. Deuxième choc, la crise des Gilets jaunes, entre autres causée par la taxation du diesel pour des raisons de protection de l’environnement. J’ai pensé que c’était l’une des pires choses à faire : dresser ainsi les classes moyennes et populaires contre l’écologie. A contrario, la gratuité concilie l’action climatique tout en offrant une réponse sociale aux besoins de mobilités des moins riches.

Imaginez comme la gratuité va rendre les jeunes habitants de la métropole fiers. Ils pourront penser qu’ici, chez eux, on agit pour le climat en mettant en libre-accès une mobilité plus vertueuse écologiquement parlant. Car le nouveau paradigme de la modernité, c’est bien de protéger la qualité de l’air ! La gratuité est une mesure emblématique non pas punitive mais au contraire, positive et porteuse d’espoirs. Elle démontre qu’un autre chemin est possible. Nous réserverons la gratuité des transports aux seuls habitants de la métropole montpellieraine (NDLR : et donc pas à ses visiteurs). C’est une façon de justifier les impôts payés qu’ils payent. C’est une mesure de consentement à l’impôt. Et ça, c’est moderne.

Montpellier va devenir la première métropole de 450 000 habitants à adopter la gratuité. C’est plus du double de Dunkerque (200 000 habitants). Or, les détracteurs de la gratuité jugent que seules des villes petites ou moyennes, ou encore des cas particuliers (Dunkerque et Niort étant rangées dans cette catégorie) peuvent pratiquer ce type de politique publique. Qu’avez-vous envie de leur répondre ?

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URBIS
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