Livraison dernier-kilomètre : quel rôle pour les infrastructures existantes ?

miodrag jovanovic sur Getty images
8 Fév 2022 | Lecture 3 min

Bureaux de tabac, parkings, conciergeries, bureaux de poste : les possibilités sont de plus en plus nombreuses pour permettre aux territoires d’encadrer le développement de la livraison tout en réduisant ses impacts négatifs sur l’environnement.

De l’alimentation aux vêtements en passant par le mobilier, la déco, les livres, jeux ou encore les articles de bricolage : la livraison à domicile de colis s’est fait une place de choix dans le quotidien des français ces dernières années. Le e-commerce s’est démocratisé dans les comportements d’achat et l’apparition des plateformes de livraison de repas à domicile puis, très récemment, du quick-commerce, ont renforcé ce constat. La crise sanitaire et les périodes de confinement ont ensuite enfoncé le clou.

Résultat, en 2020, 81,4 % des Français ont acheté en ligne. Plus intéressant, 18 % des Français déclarent recevoir au moins un colis par semaine à leur domicile. Un chiffre qui monte à 31% pour les millenials. Au total, on estime que la livraison de colis à domicile se chiffre à environ 500 millions de colis chaque année dans l’hexagone.

Un volume qui implique aussi de nouvelles problématiques. On estime ainsi que plus d’un million de colis ne sont pas livrés en première instance par manque d’infrastructure au domicile des personnes. C’est-à-dire qu’en cas d’absence, les boîtes aux lettres ne sont pas dimensionnées pour recevoir des colis. Cette hausse de la livraison à domicile entraîne aussi des questions environnementales liées à la multiplication des trajets. Un sujet qui ne pourra pas être traité sans un maillage d’infrastructures permettant de mutualiser l’arrivée ou le départ des colis.

Relais pick-up et commerces de proximité

À ce sujet, de nombreuses initiatives voient le jour actuellement. La Poste, par exemple, développe une solution logistique avec sa startup Urby : des entrepôts situés à l’entrée des villes réceptionnent les colis de différents transporteurs, et les livraisons sont ensuite mutualisées par les équipes d’urby et effectuées en ville avec des véhicules bas-carbone.

Dans le cœur des villes, c’est avant tout sur des infrastructures existantes que s’appuient les activités de livraison. Car pour être efficaces pour les usagers mais aussi pertinents d’un point de vue environnemental, les zones de retrait ou de distribution des colis doivent être facilement accessibles, et stratégiquement positionnées. Évidemment, les bureaux de tabac et autres commerces de proximité occupent déjà cette fonction depuis plusieurs années via les dispositifs de points relais.

C’est aussi le cas des conciergeries qui émergent de plus en plus en ville. Ces lieux hybrides qui proposent une multitude de services à leurs résidents ont évidemment cette capacité de servir de point-relais pour la livraison. Un autre exemple parlant concerne les consignes connectées installées dans les gares par la SNCF.

Depuis 2015, près de 200 consignes automatiques de retrait de colis ont été installées. Leur fonctionnement est simple, à l’arrivée du colis en gare, un email et un SMS sont envoyés à l’acheteur avec les codes de retrait du colis. Sur place, une interface permet de rentrer le code pour déverrouiller le casier. Un système qui pourrait se déployer davantage et bénéficier de nombreuses infrastructures urbaines déjà existantes. Ce serait, par exemple, le cas des parkings.

Parking souterrain - Turker Minaz, Getty Images

Parking souterrain – Turker Minaz, Getty Images

La livraison de colis : une seconde vie pour les parkings ?

Réinventer le stationnement en ville est un autre impératif pour les villes de demain et de nombreux bailleurs, en lien avec les professionnels du stationnement, réfléchissent déjà à l’avenir du stationnement avec des parkings mutualisés et connectés. Mais avec l’avènement des mobilités douces, les gestionnaires de parkings anticipent également l’avenir de leurs infrastructures.

Dans le cadre de sa stratégie “Parking du Futur”, le Groupe Indigo teste par exemple la transformation de ses parkings souterrains parisiens en hubs logistiques. Dans son parking de la Porte de Saint-Cloud et dans celui de l’île de la Cité, elle teste ainsi la mise en place de centres de distribution de produits frais.

Indigo, qui exploite 5 570 parkings dans le monde, espère ainsi décliner cette activité demain en partenariat avec différentes entreprises qui profiteront de ce maillage pour faciliter leurs livraisons de colis sur le dernier kilomètre. Une manière concrète, pour l’entreprise, de contribuer au développement de “la ville du quart-d’heure”.

(re)Visionnez l’épisode de Fenêtre sur la ville sur le même sujet :

 

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