Les smart cities améliorent la vie quotidienne : la preuve en 50 villes

5 Sep 2018

Après une décennie d’essais et d’erreurs, il était temps de faire le bilan de l’effet qu’ont les smart cities sur la vie de leurs habitants. C’est chose faite, avec le volumineux rapport des experts du McKinsey Global Institute. Nous l’avons lu pour vous.

NASA, pour Unsplash

NASA, pour Unsplash

« On peut faire remonter le début des smart cities à l’année 2008. C’est en tout cas à ce moment que nous considérons que le concept prend de l’importance, avec de grandes promesses d’amélioration de la vie en ville. Des promesses qui séduisent jusqu’en 2013, où les critiques s’accumulent alors, au point que certains affirment qu’il n’y a rien de consistant derrière ces termes, juste une mode passagère. Nous avons donc voulu savoir, 10 ans après les débuts, si les smart cities améliorent véritablement la qualité de vie ». C’est en ces termes que, le 20 juin dernier, Jonathan Woetzel, l’un des directeurs du Mac Kinsey Global Institute, a introduit sa présentation du rapport « Smart Cities : digital solution for a more livable future » tout juste publié. Soit 152 pages d’expertise de haut niveau pour savoir si, oui ou non, les smart cities peuvent tenir leurs promesses. Question clé, à l’heure où big data, IoT et deep learning semblent diffuser dans toutes les instances où s’inventent la ville de demain, et semblent à même de donner – enfin ? – chair (numérique) aux villes intelligentes.

Disons-le d’emblée : la réponse de l’organe de recherche de la première des « Big Three » – les trois plus grandes compagnies mondiales de consulting – est positive. Qu’il s’agisse des transports, de l’habitat, d’énergie, de santé, de sécurité ou de la qualité des liens entre habitants et instances de gouvernance, la contribution des technologies numériques améliore la vie des citadins. Mais comme le souligne aussi Jonathan Woetzel, « ce n’est ni magique, ni automatique ». Infrastructures existantes, technologies déployées et accompagnement des usages doivent avancer ensemble pour réussir à faire d’une ville une « smart city » bénéfique à ses habitants.

Farrel Nobel, pour Unsplash

Farrel Nobel, pour Unsplash

3 couches d’intelligences pour améliorer la vie quotidienne

Et, sans surprise, toutes les régions du monde ne connaissent pas le même succès. Les mégalopoles asiatiques, fortes d’une jeunesse nombreuse et connectée et d’économies dynamiques, sont souvent aux avant-postes. Les villes des pays en voie de développement, en Inde et en Afrique en particulier, ont un chemin plus long à parcourir. La « recette » d’une smart city améliorant authentiquement le cadre de vie urbain reste cependant partout la même : elle passe par trois « couches » venant s’ajouter aux infrastructures et liens sociaux existants. La première tient lieu de système nerveux des smart cities : smartphones, capteurs connectés, portails de données en libre accès, réseaux de communication à haut débit. La deuxième est celle qui permet de résoudre les problèmes des citadins, de relier intelligemment les données de la ville et les besoins de ses occupants : les applications et services en ligne. La troisième n’a rien de technologique et n’en est pas moins essentielle : est est « l’huile sociale » dans les rouages numériques – accompagnement des autorités, adaptabilité des législateurs et implication du secteur privé pour garantir un haut niveau d’usage de la deuxième couche.

Pour jauger l’impact réel des smart cities sur la vie de leurs résidents, le cabinet McKinsey a systématiquement cherché à mesurer l’étendue et la qualité de ces 3 couches. Il a pour cela mobilisé des dizaines d’experts à travers le monde, s’est penché sur 50 villes, aux profils très variés, et a décortiqué les caractéristiques et les impacts de 60 applications.

Résultat ? Les experts de McKinsey affirment qu’en moyenne, à condition d’exploiter tout le potentiel de chacune des 3 couches essentielles, les smart cities peuvent réduire de 8 à 10 % le nombre d’accidents, accélérer la réponse des services d’urgence de 20 à 35 %, réduire le temps de trajet de 15 à 20 %, réduire l’impact des maladies sur l’économie de 8 à 15 %, réduire de 30 % le nombre de crimes et délits, ou encore faire baisser le niveau des émissions de gaz à effet de serre de 10 à 15%. De manière générale, 70 % des objectifs de développement durable définis par les Nations Unies pourraient bénéficier de l’influence positive des smart cities.

Farrel Nobel, pour Unsplash

Farrel Nobel, pour Unsplash

Le bâti, brique fondamental des smart cities

Si ces impacts positifs sur la qualité de vie passent par la solidité des 3 couches d’intelligence identifiées par les experts du McKinsey Global Institute, ils reposent, aussi, nécessairement, sur la couche « low fi », celle des infrastructures existantes. Et notamment sur la capacité des villes à construire autrement, ou à adapter le bâti ancien aux besoins de ses habitants connectés. Les experts citent, à ce titre, Séoul, qui a ré-alloué de nombreuses voies de circulation aux seuls piétons et cyclistes, et mis en place une réglementation limitant strictement le nombre de parkings dans le résidentiel neuf (on vous en parlait déjà ici).

Autre exemple : à Singapour, la « Building and Construction Authority » a ouvert un portail en ligne qui mesure en continu les usages énergétiques de 30 bâtiments. Des algorithmes de machine learning analysent ces données pour alerter les gestionnaires d’éventuels gaspillages et proposent des actions correctives. Dans d’autres villes, les immeubles sont reliés en « micro-réseaux » d’énergie, plus résilients, moins gourmands.

Citons enfin Belmont, en Arizona, projet de 80 000 maisons à l’organisation d’emblée prévue pour accueillir la circulation de véhicules autonomes, ou « NEOM », écosystème urbain en train de sortir du désert en Arabie Saoudite, dont les immeubles fortement automatisés puiseront leurs besoins énergétiques dans l’énergie solaire et éolienne. L’intelligence des villes, pour améliorer la vie des habitants, commence par son bâti…

Usbek & Rica

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