Face aux crises : ménager les temps de la ville, réinventer les usages…

Face aux crises : ménager les temps de la ville, réinventer les usages…

Vue de principe du projet PALUA d’Axelle Thibaud : transformer des espaces existants en lieux d’accueil d’urgence ou de convivialité. 
6 Avr 2021 | Lecture 3 min

La résilience. Ce terme popularisé par Boris Cyrulnik en devient presque galvaudé quand il s’agit de parler de faire face au dérèglement climatique. Mais force est de constater que nos villes se transforment moins vite que le climat. Aussi faut-il faire preuve d’agilité, d’inventivité, voire d’audace, bousculant ainsi les idées reçues. Ménager des temps de la ville, changer les fonctions de lieux « immuables »… Tout cela suppose des interventions tactiques, systémiques, à fort impact. Alors comment donner la capacité de transformer des lieux de vie en fonction des besoins et des urgences ? 

Mettre à profit la pause estivale

A l’approche de l’été, la question des ilots de chaleur refait surface.  Pour Clémentine Lemercier, étudiante au City Design Lab à L’École de design Nantes Atlantique, la réponse à cette problématique n’est pas seulement architecturale : plutôt que d’aménager la ville, ne faudrait-il pas ménager des temps de la ville ? Dans la ville de Paris, par exemple, on expérimente l’idée que les écoles, et notamment leurs cours de récréation, puissent se transformer en oasis de fraîcheur à l’heure de la fermeture estivale. Le projet de Clémentine prend également place dans cet environnement de la cour d’école. Elle jongle avec différents leviers et éléments, en particulier l’eau, le végétal, l’air et le vent, mais joue également sur la psychoperception (couleurs, etc.)… rien n’est laissé au hasard pour créer un véritable écosystème de fraîcheur. Mais pour Clémentine, cette approche climatique n’est pas suffisante : elle se complète d’une réflexion sur les usages premiers de la cour et propose de nouvelles approches du jeu. Des revêtements de couleurs viennent alors éveiller la motricité, bien plus intéressants que la traditionnelle bande de goudron noire qui fait office de cour de récréation… L’étudiante a aussi imaginé diversifier les activités de la cour une fois l’école finie.  Autant de questions de gestion, d’animation, d’inventivité, pour une ville qui respire. 

Vue de principe du projet de Clémentine Lemercier : travail sur la végétalisation, les niveaux, l’eau, les espaces de jeu, le vent dominant, pour une expérience différente de la cour…  

Vue de principe du projet de Clémentine Lemercier : travail sur la végétalisation, les niveaux, l’eau, les espaces de jeu, le vent dominant, pour une expérience différente de la cour…

Des espaces libres d’usages pour faire face aux crises ?

Pour Axelle Thibaud, étudiante en deuxième année de cycle Master au City design lab, réinventer les usages et les temps de la ville peut se faire aussi au cœur des immeubles d’habitation. On connaît déjà l’habitat partagé dans lequel des espaces (chambre, cuisine, buanderie, espace de travail, etc.) peuvent être mis à disposition d’habitants du quartier, ou occupés lorsque l’on reçoit des amis, ou pour une fête entre voisins. Pour Axelle, ces espaces communs peuvent trouver un second souffle. En effet, pourquoi ne pas imaginer aujourd’hui ces espaces comme de potentiels lieux de travail partagés en cas de crise pandémique ? Plutôt que de raisonner en trop plein, surqualification d’espaces et en hyper-densité, ne faudrait-il pas raisonner en vides, en potentiels d’usages ? et laisser des choses s’activer au gré des envies et des talents présents sur place ? Cette approche de design met en œuvre d’autres logiques et potentialités économiques à explorer… 

Vue de principe du projet PALUA d’Axelle Thibaud : transformer des espaces existants en lieux d’accueil d’urgence ou de convivialité. 

Vue de principe du projet PALUA d’Axelle Thibaud : transformer des espaces existants en lieux d’accueil d’urgence ou de convivialité

Cette pensée émergente de design d’espaces et d’usages est tout sauf gadget. Il devient urgent de re-penser l’adaptabilité, et de tendre ainsi vers une véritable résilience face à l’accélération des crises…  En bref, c’est toute une panoplie d’usages qu’il nous faut ré-inventer ensemble, en fonction des spécificités du lieu, du temps, pour épouser la « respiration d’une ville ».  

L'École de design Nantes Atlantique
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